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 « Une faim de Loup » [terminé]

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MessageSujet: « Une faim de Loup » [terminé]   Sam 25 Fév - 19:26


Quelle heure était il? Deux ou trois heures du matin. Quelle importance? Il n'y en avait aucune lorsque l'on avait l'habitude de vivre en liberté. Mais dans un château c'était une toute autre histoire. Il y avait un couvre-feu, des gardes qui circulaient dans les couloirs avec leurs pas lourds qui résonnaient un peu partout. Quel vacarme à côté du calme de la forêt. Voilà à quoi la picte devait s'habituer. Le tableau n'était pas très accueillant pour une louve. Parfois de sa chambre elle observait la forêt au loin, espérant entendre l'appel des siens pour la faire revenir près d'eux. Mais à chaque fois leur silence se faisait pesant. Elle savait pourtant qu'il y avait d'autres personnes de son clan dans les parages, seulement elle n'avait pas bien le temps de se mettre sur leur piste pour les retrouver. Parce qu'avant tout il fallait prouver à Uther que le peuple des guerriers du noir était fiable. Tout ce qu'Aaran avait vu de lui, c'était un homme fermé à la magie et manipulable à souhait. Il était facile de lui faire croire des choses. Ce ne serait alors que plus naturel de se jouer de lui si jamais il y avait plus offrant ailleurs. D'ailleurs il ne s'agissait pas de quelques gardes qui empêcherait la louve de rejoindre la forêt. Car la seule personne qui serait capable de la retrouver à part elle même n'était pas né... A moins de parler le langage lupin et cela n'était pas donné à tout le monde.

Lasse de tourner en rond dans sa chambre chaque soir, la princesse de Calédonie avait décidé de se faire une expédition de nuit dans les couloirs du château, elle irait là ou son envie la porterait. Car ce qu'ignorait le roi, c'était bel et bien qu'un animal comme elle n'était pas éducable, elle pouvait encore moins être dressé. Elle n'obéissant qu'à l'alfa si elle reconnaissait en lui l'âme du chef. S'il laissait entrevoir des faiblesses alors on ne pouvait lui faire confiance. Aaran passait en revu dans sa tête tout ce qu'elle savait pour s'en servir ultérieurement. Car lorsqu'on était au pied du mur, qu'on ne pouvait plus faire demi tour... Il fallait savoir frapper là où cela faisait mal pour être certain que l'adversaire en face n'avait aucune chance de s'en sortir. Toute cette réflexion était très animal mais les hommes oubliaient bien souvent qu'il y avait d'autres façons de se battre que selon le code d'honneur de la chevalerie.

La porte de la chambre s'ouvrit, une tête à la crinière noire sorti dans le couloir, tournant le regard à droite et à gauche pour voir si le chemin était dégagé. Personne à l'horizon, Aaran allait pouvoir quitter son perchoir pour rôder dans les couloirs. Un jeu très amusant qu'elle n'avait pas encore eu le temps de mettre en action. Marchant sur la pointe des pieds, elle donnait l'impression d'être un assassin. Ce qui pour une fois n'était pas le cas. Elle aurait sans doute d'autres occasions de vraiment le devenir. Toute habillé de cuir brun, elle avait sa chevelure noire et ondulé qui lui tombait dans le dos, se mouvant en même temps qu'elle. Il y avait quelque chose d'étrangement animal chez elle. Sans doute sa façon de regarder les alentours en cherchant à déceler le moindre mouvement. Il était clair qu'à vivre la plus part du temps en pleine nature cela développait des facultés que les gens vivants dans les châteaux n'avaient pas. Aaran pouvait distinguer facilement différentes nuances de vert et de marron, sans compter qu'elle percevait beaucoup mieux les mouvements sur la périphérie de sa vision. Dans un couloir c'était utile mais parfois un peu étouffant, surtout avec l'habitude d'évoluer dans des espaces ouvert. Et puis il ne fallait pas se leurrer, la pisteuse était loin d'être de petite taille. Longeant le mur, elle écoutant avec attention pour tenter de percevoir le passage de la prochaine garde. Les torches donnaient une couleur orangé à la pierre un peu jauni.
Le pas lourd se fit entendre, régulier et métallique, le cliquetis des armures venaient résonner dans sa tête. Poussant un léger grognement de mécontentement, elle s'éclipsa dans un couloir sur sa gauche. Celui ci se terminait par un escalier qu'elle emprunta. Il semblait réservé aux serviteurs, mais Aaran n'en avait foncièrement que faire. Pour l'heure il n'y avait que l'exploration qui l'intéressait. Longeant les murs telle une ombre, elle arpentait les lieux d'une façon assez méthodique jusqu'à se retrouver dans les cuisines du château. Pour l'heure elles étaient désertes, mais la guerrière devait bien reconnaitre que l'endroit était fort accueillant et chaleureux. Cela lui faisait penser à une tanière, elle aurait bien dormi près du feu qui brulait encore dans la grande cheminé. Elle s'en approcha d'ailleurs pour le raviver un peu. Pour ça il n'y avait pas de problème, elle savait entretenir un feu même lorsque celui si c'était sur le point de mourir. Accroupi devant l'âtre, elle souffla quelque peu sur la braise pour que celle ci se met à rougir avant de prendre une bûche pour la mettre dessus. Prenant ensuite une soufflet, elle fit en sorte de faire naître une flamme pour qu'elle vienne grignoter la bûche. Il fallut attendre un peu avant que le feu ne prenne. Après quoi la picte rajouta une deuxième bûche. La chaleur était agréable. Au moins ici il faisait bon vivre.

C'est alors qu'elle entendit des bruits de pas dans l'escalier qui menait aux cuisines. Il ne s'agissait pas d'un garde, le pas était beaucoup plus léger et souple. Sans aucun doute il s'agissait d'une femme. Maintenant il fallait réfléchir à quoi faire. Se cacher pour observer ou ne pas bouger? Après tout elle ne faisait rien de mal, enfin selon elle. Peut-être qu'ici ils avaient une notion différente ce qu'était le mal. La picte pris alors le risque de ne pas bouger et de rester auprès du feu, regardant les flammes sans ciller. C'était magnifique et terrifiant à la fois de le voir onduler avec fluidité et insolence.


Dernière édition par Aaran le Jeu 2 Aoû - 23:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Mar 13 Mar - 13:39

Minuit, une heure, deux heure, et toujours pas le moindre signe de fatigue. Morgane avait toujours été difficile à endormir, craignait-elle quelque chose de particulier qui pourrait surgir durant son sommeil ? non, mais la princesse n’était pas une grande dormeuse. Alors évidemment lorsque des crises de cauchemars prémonitoires se sont révélées, il lui a été plus que difficile de faire de nouveau confiance à Morphée. En même temps, la jeune femme pensait que dormir était une perte de temps, enfin elle était plutôt amenée à penser cela, par la force des choses diront nous, il n’était donc pas rare qu’elle ne trouve le sommeil qu’à l’aube. Et pourtant, au réveil, elle semblait toute fraîche. Peut-être que son teint serait un tout petit peu moins pâle si elle avait dormit davantage ces dernières années, mais rien n’était moins sûr. Comme le cloché sonnait deux heure, elle décida qu’il serait temps de s’exercer un peu. La sorcière se dirigea alors vers une armoire fermée à clef, et en sorti une petite boîte qui fermait une sorte de poudre. Elle la posa sur sa coiffeuse et la fixa de ses yeux azur. Quelque instant plupart, la boîte était en feu et les yeux de la demoiselle d’une couleur dorée. Oui, Morgane était bel et bien une sorcière maintenant, mais cela demandait un travail quasiment quotidien. Morgause lui apprenait les bases, à elle de les travailler. Elle éteignit les quelques flammes qui dansaient devant elle, et recommença son petit manège plusieurs fois de suite. Un sourire de satisfaction éclairait son visage. Mais elle en voulait plus.

Dehors, la pluie était battante, c’était vraiment une mauvaise nuit pour bien des bêtes sauvages certainement. Mais c’était une occasion rêvée pour voir l’étendue de ses pouvoirs. Se remettre en question, tester ses capacités, les dépasser, voilà qui enthousiasmait follement notre princesse. Elle ouvrit sa fenêtre et repéra un petit coin d’être sous un sapin qui se balançait furieusement sous l’effet des rafales de vents. Elle se concentra, et un feu prit juste au pied du conifère. La sorcière était très satisfaite de son travail, qui fut rapidement éteint par les gouttes qui parvenaient à passer entre les aiguilles. Elle se demanda alors s’il lui serait possible de maintenir les flammes malgré l’eau. Idée un peu folle, mais qui pouvait somme toute être utile. Elle se concentra de nouveau, mais plus fortement, et le feu pris sur une parcelle d’herbe parfaitement exposé à la pluie, notre jeune femme se concentra toujours, ses yeux étant toujours de leur teinte dorée, et le feu pu continuer à bruler malgré les flaques environnantes et les cordes de pluies qui tombaient dessus. Morgane était au comble de la joie. Elle relâcha son attention et le feu brula encore quelque instant avant de s’évanouir naturellement. « Quelle puissance ! » pensa-t-elle, extrêmement ravie de son exploit. Qui pouvait en faire autant ?

Le feu était certainement l’un des éléments qu’elle travaillait le plus. Il était également l’un des plus utiles et des plus destructeurs. Il fallait conserver cette capacité, quoiqu’il en coûte. Et cela lui coûtait précisément beaucoup. Etait-ce le manque de sommeil ? l’activité trop intense ? Toujours est-il qu’un violent vertige la pris et l’obligea à s’assoir sur le bord de son lit le temps que cela lui passe. Elle détestait que son corps la trahisse ainsi. Elle était davantage maître de ses pouvoirs que de son propre corps ! C’était tout de même un comble. Ce qu’elle oubliait, c’est que dans sa folie destructrice, et sa soif de pouvoir, elle en oubliait trop souvent sa santé, et cela allait se payer un jour… Guenièvre avait déjà remarqué que sa maîtresse était plus pâle qu’à l’accoutumée, plus agitée également. Morgane avait toujours été très soupe au lait, mais il est vrai que c’est dernier temps, ce trait de caractère s’était renforcée sous l’effet de la fatigue.

Une fois que cela lui fut enfin passé, elle passa une sorte de robe de chambre, celle qui allait précisément avec sa robe de nuit. Toutes deux étaient de tissus précieux, de broderies et de pierreries qui l’étaient tout autant. D’une teinte blanc cassé, elle pouvait faire penser à un fantôme hantant les couloirs de Camelot. D’autant plus que la tenue était suffisamment fluide pour suivre doucement les mouvements de la jeune femme, et ressembler à une petite brume. La sorcière quitta donc sa chambre, elle passa devant les appartements d’Arthur qui devait certainement dormir paisiblement, puis devant ceux d’Uther. Elle s’y arrêta un instant. L’envie ne lui manquait pas d’entrer et de le poignarder. Après tout, à quel moment sommes-nous le plus vulnérable si ce n’est lors de notre sommeil ? Finalement, elle continua son chemin et croisa deux gardes qui faisaient leur ronde. Ils la saluèrent comme ils se devaient de le faire en sa présence, elle ne leur répondit aucunement. Elle savait qu’à cette heure de la nuit, ils ne pensaient qu’à une chose, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une princesse. Morgane releva donc la tête et les dépassa d’un air un peu hautain. Inutile de se retourner pour confirmer où se portaient leurs regards. Elle pesta contre eux un moment, puis pris la direction des cuisines. Un verre d’eau calmerait certainement son agitation, et ses vertiges.

Arrivée dans l’antre des fourneaux, elle marcha à pas de loup. Elle ne savait pas bien à quelle heure les domestiques prenaient leur service. Elle se dirigea vers les cruches d’eau fraîche et se servi. Bien sûr, elle avait déjà de l’eau fraîche dans ses appartements, mais l’idée d’une petite balade nocturne n’était pas pour lui déplaire. Une fois sa petite consommation terminée, elle se retourna pour reprendre l’escalier par lequel elle était arrivée, quand elle s’aperçut que deux yeux la fixait. Cela la fit tressaillir légèrement, puis elle distingua vaguement qu’il devait s’agir d’une femme. Morgane se dirigea donc vers cette personne qu’elle ne distinguait qu’à moitié dans la peine ombre et les reflets du feu qui dansaient.


- Bonsoir. Que faites-vous ici ?

En ce moment, il y avait toujours des princesses de tous genre à Camelot, alors mieux valait parler la première en bonne hôtesse des lieux. Mais cela l’énervait prodigieusement de devoir faire des courbettes à des femmes qui pouvaient lui ravir son trône.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Mer 18 Avr - 23:01


Elle n'était pas bien discrète celle qui venait d'entrer dans la pièce. Et pas bien attentive non plus puisqu'elle ne remarqua pas de suite la présence de la louve dans la pièce. Alors sans un bruit, Aaran écoutait et observait. Elle était bien plus discrète que n'importe quelle servante. Mais ce fut au moment ou la Dame s'en allait qu'elle remarqua enfin la princesse picte. Mais cela il fallait le savoir, car elle ne ressemblait en rien à une dame de haut rang. Elle avait tout d'une guerrière et d'une barbare au regard froid et dur qui semblait lire en vous comme dans un livre ouvert. Le peu de luminosité ne l'empêcha pas d'entendre tressaillir la jeune femme lorsqu'elle vit Aaran. Un léger sourire c'était dessiné sur le visage de la picte, mais il s'estompa rapidement lorsqu'elle vit s'approcher la jeune femme. Si elle avait été plus louve qu'humaine, elle lui aurait sans doute sauté à la gorge, mais pour faire bonne figure, elle se contenta de se relever, dépassant ainsi son hôtesse de quelques petits centimètres. Il fallait cependant laisser une distance de sécurité entre les deux femmes, un bon loup se devait de rester distant face à un potentiel danger. « Bonsoir... Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Et vous? » C'est là qu'habituellement ceux qui la côtoyaient de près faisait les gros yeux car elle n'avait pas pour habitude de faire des phrases aussi longues. Mais il fallait parfois reconnaitre qu'il était important de parler, surtout dans une civilisation telle que celle du Sud.

La louve alla alors s'asseoir sur un banc près d'une table où étaient habituellement préparés les plats pour la cours et le roi. Aaran fit alors craquer son coup d'une façon assez sonore. La brune ne semblait pas bien ravis de sa présence ici, pourtant cela faisait quelque temps maintenant que la picte arpentait les couloirs du château ainsi que le reste du royaume, terrifiant parfois la population au passage. Dès le moment que les gens ne connaissaient pas, ils le craignaient, c'était de même avec la pisteuse. Ce qui par ailleurs l'amusait sombrement. Mais cette nuit, la rencontre avec cette dame devait avoir pour résultat tout autre chose que la peur. La picte de la craignait nullement et n'en voyait pas la raison. Il n'y avait que les chef de clans qui étaient à craindre ainsi que le roi de Calédonie son père. Lui qui avait tellement voulu un fils et qui c'était retrouver avec une fille plus louve qu'humaine. Avec le temps il avait appris à s'y faire. C'était l'histoire de sa vie et aujourd'hui elle se retrouvait à jouer les princesses pictes mais aussi la représentante diplomatique por son peuple dans l'optique d'une quelconque alliance. Mais pour cela, il fallait se montrer digne de confiance auprès du roi Uther et ainsi prouver la valeur de deux qui vivaient dans le grand nord de l'île. Histoire rusée ou non, il y avait du bon dans tout cela, au moins Aaran avait pu voir du pays.

Son regard se porta à nouveau sur le feu qui était entrain de crépiter dans son âtre. Cela lui rappelait cette nuit qu'elle avait passé en pleine nature avec un loup qui avait disparu au matin. Mais dans le château il n'y avait que le silence qui régnait en maître. Des cuisines on ne pouvait entendre de passages des gardes faisant leur ronde de nuit. Quelle heure était il? Impossible de le savoir à moins d'avoir noté la position de la lune. Hors on ne pouvait voir la lune à travers les ouvertures qui servaient de fenêtre dans la cuisine. Aaran trouvait la douce bien immobile. A vrai dire Dame Morgane semblait parfois servir de potiche à Uther, même si dans le fond la louve sentant bien qu'il y avait du caractère dans cette créature là. Car bien que paré des plus beaux habits, il n'en restait pas moi que la Douce avait un cœur dur et que cela se lisait au plus profond de son regard. Encore fallait il avoir la capacité de la regarder clairement en face. Aaran n'avait pas cillé lorsque son regard avait rencontré celui de la brune. Jamais elle ne tremblerait pour nul ennemi. Sauf peut-être pour le froid mordant de la mort. Mais l'heure n'avait pas encore sonné pour la guerrière.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Ven 4 Mai - 15:35

Elle n'arrivait pas à dormir? Elle voulait quoi? un lit plus agréable? Une autre chambre? Arthur? Morgane ne bougea pas de là où elle était, bien que la demoiselle venait de lui faire face. Tiens donc, elle était plus grande qu'elle, notre princesse ne s'en était encore jamais aperçu, mais c'était assez amusant. Oui, il est tard, elle s'amuse de ce qu'elle veut! La demoiselle qui lui faisait face ne semblait pas très causante, et encore moins chaleureuse. Mais la sorcière n'allait quand même pas céder ses cuisines comme ça. Alors elle décida qu'elle ne quitterait pas tout de suite la pièce.

Aaran venait de s'assoir sur un banc, notre demoiselle attendit un instant, puis prit place en face d'elle, à bonne distance cependant, point trop n'en faut. Elle lui répondit qu'elle non plus ne dormait pas, et que Camelot n'était pas si mal la nuit, surtout pour une princesse qui n'est pas suivi à ces heures. Un petit sourire illumina son visage, il faut dire qu'elle parvenait très facilement à contrer les surveillances d'Uther, et ce depuis des années. Mais bon, il fallait laisser croire au Roi, que sa Pupille chérie était une jolie petite colombe en cage. Elle connaissait bon nombre de princesses que cela ne gênait pas de rester sous la protection de tel ou tel homme. Mais Morgane n'était pas de ce genre, certes elle se pliait au protocole, mais au fond, elle se fichait pas mal de savoir si Uther était mort ou vif... bien qu'elle préférait largement le tuer de ses mains.

Elle se ressaisit, craignant que ses pensées meurtrières puissent se lire. Elle osa un regard sur son interlocutrice et fut parfaitement troublée... cette femme avait quelque chose de sauvage... de félin... non, sauvage était plus juste... Comment Uther pouvait recevoir ce genre de personne dans son château? Morgane n'était pas contre ce genre de personne, bien au contraire, qui mieux qu'une sorcière pouvait s'intéresser aux autres peuplades? Surtout dans un élan de quête de territoire.


- Votre Royaume est-il loin de Camelot? Pardonnez ma question, mais nous avons tellement d'invités ces derniers temps que j'oublie qui vient d'où.


Bah voilà, elle engageait doucement la conversation, et en même temps elle se renseignait sur cette mystérieuse femme. Il est plus que certain que Morgause aurait été très intéressée également de faire la rencontre de cette demoiselle. Tiens d'ailleurs, simple demoiselle, ou princesse également? Décidément, la mémoire de notre noble damoiselle lui faisait défaut, certainement dû au manque de sommeil, mais elle pourrait toujours consulté Gaïus si cela persistait. Pour le moment, elle pouvait encore avoir confiance en lui, tout du moins pour ce genre de commande.

Après un instant, le feu commença à faiblir dans l'âtre de la cheminée, et Morgane, instinctivement le réveilla de son pouvoir. Il était maintenant plus flamboyant que jamais. La princesse était très fière d'elle, mais elle comprit rapidement qu'elle venait de faire une erreur... Ne regardant pas Aaran, elle se leva et alla remuer les braises, histoire de rendre plus naturel le geste, non ça n'était pas à cause d'elle que le feu était aussi gros... hum! Ca pouvait se remarquer si elle brûlait la jeune demoiselle dans la cheminée? non hein... bah oui, pas de témoin génant.

Finalement, elle s'écarta de ce feu qui la dérangeait maintenant, et alla prendre deux verres, les remplis d'eau fraiche et en déposa un devant la jeune femme, et elle garda l'autre dans ses mains, tout en reprenant sa place sur le banc, tandis que trois heures sonnait. Les premiers domestiques n'allait pas tarder à s'éveiller, enfin elle n'en savait pas grand chose en fait. Mais un rat qui traversa la pièce la sortit complètement de ses craintes vis-à-vis du feu qu'elle avait fait renaitre et de la présence d'Aaran. Elle guétait l'animal du coin de l'oeil, ces rongeurs étaient de la vermine, et il ne fallait certainement pas s'en approcher. Enfin c'est ce que l'on dit aux princesses.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Lun 18 Juin - 23:40


Aaran restait impassible devant la dite pupille du roi. Mais à force d'observation, la picte commençait à cerner la personnalité de la dame. Assise à bonne distance, elle semblait se poser bien des questions, masquant comme il se devait l'expression de ses pensées les plus secrètes et les plus sombre. Le feu brûlait tranquillement dans l'âtre, dégageant une odeur bien particulière de bois fumé. Ce parfum acre et entêtant étant un réconfort pour ceux qui avaient connu le froid mordant de la neige, là haut en Calédonie. Mais ici dans ce château, ce n'était qu'un odeur dans une cuisine, rien de plus. Un vulgaire objet de objet de cuisine que l'on avait réussi à dompter. Il était pourtant des choses que l'on ne pouvait dompter ou que l'on croyait pouvoir maitriser. Ce n'était pas le cas de la picte. Elle était le feu sous la glace, brulante de vie et dépourvu d'amour sincère.

La princesse était bien là, à observer d'un œil sombre ce qui se passait dans les cuisines du palais. Si elle avait été un loup, sans aucun doute qu'elle serait entrain de montrer les crocs pour affirmer son statut de membre Alpha. Cependant il était clair que les manières n'étaient pas à la compréhension d'un langage corporel animal. Les hommes avaient éduqué les chiens en oubliant les bases élémentaires de la meute. Et dieu seul savait à quel point les animaux avaient un instinct à tout épreuve. Celui de la pisteuse lui soufflait que la dame n'était pas ce qu'elle semblait être. Derrière une douceur apparence, se cachait un serpent dangereux qui n'attendait que le bon moment pour mordre. Mais c'était un reptile qui avait peur qu'on le déloge de sous son rocher. Son sens de l'observation aiguisé lui permettait de lire dans l'âme des gens comme dans un livre ouvert. Nul besoin d'user de magie.
La conversation était toutefois à présent lancé, maintenant que Dame Morgane voulait en savoir un peu plus sur son invitée. Hors donc fallait il répondre comme il se voulait, par politesse mais aussi par obligation. Le silence devait être brisé. « Je viens de Calédonie. C'est un royaume bien plus dans le nord. Il est toutefois bien peu connu, voir oublié depuis la Grande Purge. » Il fut alors impossible d'ignorer ce que la Dame venait de faire avec le feu. Oui Morgane venait d'user de magie devant la Picte. Sa réaction? Elle fit dans un premier temps croire qu'elle n'en avait pas la moindre, comme si elle n'avait rien vu. Mais voilà qui était une preuve tout à fait intéressante. Uther n'avait donc pas totalement éradiqué ce qui était pour lui un dangereux fléau. Ce fut alors qu'un sourire se dessina sur les lèvres d'Aaran. Une lueur farouche brillant dans son regard. Ne lui manquait plus alors qu'à montrer les crocs et se jeter sur sa proie. Elle n'allait toutefois pas agir ainsi. Il était encore trop tôt pour que les premiers serviteurs montrent le bout de leur nez. Il allait pourtant falloir il mettre un peu de tact pour que la conversation ne soit pas trop explicite et que l'on évite de comprendre que quoi elles parlaient si jamais quelqu'un arrivait ici par hasard. Penser à toi, c'était important pour sa propre survie.

La Dame préféra feindre de n'avoir rien fait en allant chercher deux verres qu'elle remplit d'eau. Aaran n'était pourtant pas dupe, encore moins aveugle. Ce jusqu'à ce qu'un rat vienne montrer le bout de son museau. Il ne s'agissait pas du meilleur invité dont l'on puisse rêver dans un château. Mais comment lutter contre ces créatures? Il fallait devenir soi même leur prédateur. La picte n'avait évidemment pas d'arme sur elle. Mais qu'à cela ne tienne, la présence d'une proie n'était qu'un amusement de plus pour faire passer le temps. Sans attendre et à la façon d'un chat, Aaran se leva pour marcher sur le banc, évitant de trop se mouvoir dans la pénombre. Il lui fallait quelque chose pour mettre le rat hors d'état de nuire. Rapidement elle disparu dans un coin peu éclairé de la cuisine. Une minute passa. Le rat se trouvait non loin du feu quand soudain en projectile vint le touché en plein dans son flan gauche. Dans un petit cris, sa vie le quitta. Il gisait à présent là. Mort. Aaran sorti de la pénombre, l'air froid, calme. Son regard se porta alors sur Morgane. « Nous avons chacune vos talents. Mais les votre risquent d'être moins appréciés par le roi il me semble. » dit elle en reprenant sa place initiale sur le banc. La Picte la regardait droit dans les yeux sans ciller. Dans le langage de loup, le premier qui baisserait le regard devait se soumettre à l'autre. Les deux brunes se faisaient un face à face lourd de sens. Il fallait juger l'autre sur sa façon de se comporte, voir si un lien de confiance pouvait s'installer. Le temps ferait son office. Pour l'heure, les deux femmes étaient encore entrain d'établir leur terrain. Sans compter qu'Aaran n'était pas la plus grande des bavardes, elles risquaient de rester un long moment ainsi.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Jeu 28 Juin - 21:12

Bon nombre de chiens habitaient le château, il y avait les quelques chiens de compagnie de certaines dames de la cour, il y avait ceux qui servaient à effrayer les intrus, et bien sûr, ceux qui appartenaient à la meute de chasse. Morgane les connaissait bien ceux-là, car Uther les employait très souvent. Il y avait beaucoup de règles à savoir avant d’introduire la meute, même en tant qu’homme. Elle l’avait appris des serviteurs préposés au dressage des chiens. Par exemple, il fallait toujours nourrir les dominants en premier, sinon c’était la bagarre assuré. Une fois, Arthur avait fait l’inverse, résultat des courses, deux chiens en moins… Oui, l’instinct était vraiment primordial chez ceux-là. On ne rencontrait certainement pas cela dans les appartements des dames, où les chiens étaient non seulement très petits, mais surtout très calme et unique !

Tout cela pour en venir à notre guerrière picte qui lui rappelait étrange ces chiens. Elle avait le regard fixe, tous ses sens en alerte, et elle semblait être constamment être dans une phase d’observation. Bien sûr, Morgane aussi observait son hôte, mais elle le faisait d’une manière nettement moins sauvage. Sauvage, oui c’était le mot exact, il se dégageait d’Aaran quelque chose de sauvage, d’indomptable. Notre demoiselle ne savait comment s’adapter à cette situation, alors elle se dit que le mieux à faire était de suivre son intuition, à défaut de son instinct.

Mais, la princesse picte avait d’autres projets, car elle venait de disparaitre dans un recoin particulièrement sombre de la cuisine. Notre sorcière n’osa rien dire, et préféra observer ce qui allait se produire. Cela ne prit pas beaucoup de temps, car en un éclair, le rat était étendu sur le carrelage, mort. Morgane eut un haut-le-cœur, et préféra éviter cette vision pendant un moment. Même si elle aussi fricotait de plus en plus avec la mort, elle n’aimait pas du tout ce genre d’évènements. Quand son dégoût s’envola enfin, elle pu rejoindre miss Aaran qui la fixait. Encore un test, ça n’était vraiment plus possible ce petit jeu. Revigorer par le rat, ou tout simplement dans un élan d’assurance, le ton de la princesse se fit nettement moins conventionnel.


- Vous cherchez à me comprendre, à me dominer ? C’est cela ? Vous voulez savoir qui je suis ?! Je vais vous le dire.

La porte de la cuisine se ferma en un claquement brusque et sec sans que personne n’y ai touché, mais il n’était vraiment pas difficile de comprendre que c’était la colère de la Lady qui avait décidé de ce mouvement.

- Je suis une sorcière, j’éprouve un dégoût et une haine sans pareil envers Uther et son fiston. Vous ignorez ce que cela fait de vivre auprès de celui qui veut votre mort, et qui vous ment depuis votre naissance. Oui, je suis la fille illégitime du Roi, et cela me donne plein droit sur un trône que j’aurai un jour. Mais pour cela il me faut l’aide de personnes comme vous.

Wa ! on peut dire qu’elle n’avait pas froid aux yeux, personne ne peut dire si elle avait l’étoffe d’une dominante chez les loups, mais en tout cas elle n’était pas en bas de la meute. Elle n’avait pas ciller et regardait toujours son interlocutrice qui ne semblait pas plus choqué que cela par sa réaction.

- En vous rencontrant cette nuit, en vous observant un petit peu, certainement beaucoup que vous ne le faites, j’ai tout de suite compris que nous pourrions nous entendre. Vous voulez la même chose que moi, n’est-ce pas ? Vous avez cette lueur qui brille dans votre regard, et qui s’enflamme lorsque je parle de lui. Je pense que nous pouvons arriver à de grandes choses ensembles. Qu’en pensez-vous ?

La pupille du roi était méconnaissable pour tous ceux qui la connaissaient comme la douce et gentille Dame Morgane, pupille du roi, et Princesse par alliance de Camelot. Elle attendait sans aucune crainte la réponse de cette jeune femme qui était toujours calme, toujours assise sur son banc, et toujours en train de la fixé d’un regard examinateur.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Sam 30 Juin - 10:49


La louve était tout simplement imperturbable. Le monde pouvait s'écrouler qu'elle ne bougerait pas d'un pouce temps qu'elle même n'était pas en danger de mort. Et cette nuit le monde n'allait s’effondrer sur personne. A défaut d’être comme les chiens de chasses, les loups étaient plus intelligents, observateur. Ils ne prenaient jamais de risques inutiles et avaient une technique de chasse bien particulière. Pouvant par ailleurs parcourir une grande distance sans véritablement ce fatiguer. Tandis que la plus par des humains vivants dans un château était bien incapable de faire.
La princesse guerrière ne craignait aucunement la sorcière aux cheveux noires. De la à dire que son comportement de dame était ridicule... Non. Mais elle n'était visiblement pas faire pour libérer la part animal en elle. Peut-être ne la connaissait elle même pas. Oui, cette rage enfermé en nous, qui hurle à nos oreilles et qui tambourine dans notre poitrine tandis que pour la maitriser nous nous devons de rester muet. De peur sans doute qu'elle ne nous emmène au delà de ce que nous pensons possible. Cette rage même que nous nous sentons incapable de contrôler, parce qu'elle terrorise les les civilisations éduquées.

Voilà ce que les êtres humains abandonnaient en vivant dans le luxe d'un château. Et il fallait voir ce haut le cœur qu'avait soulevé Aaran chez la jeune Dame en tuant un simple rat. Mais une fois l'expérience passé, la pupille du roi fut prise d'une assurance nouvelle. Élan soudain ou calculé, elle n'avait pas plus l'air d'une louve Alpha qu'un écureuil d'un renard. Enfin, fallait il lui laisser seulement l'illusion qu'elle était une grande au vu d'une nouvelle utilisation de la magie pour fermer une porte. Diantre, que la picte pouvait avoir peur! Mais en un éclair plus vif que la porte elle pouvait lui planter un couteau dans la main histoire de lui montrer que sorcière ou non, il fallait respecter les aînés. Enfin cela n'allait pas risquer d'arriver puisque voilà qu'elle déballait tout sec sa haine contre le bon Roi Uther. C'était touchant. Aaran aurait pu avoir la larme à l’œil si seulement elle avait été plus sensible à la détresse humaine. Beaucoup de blah blah dans tous les cas. Mais la picte restait impassible, aussi hermétique aux émotions qu'une huitre. Mais il y avait un point qui l'amusait beaucoup. Un enfant illégitime n'avait aucun droit au trône. La douce se berçait dans de belle espérance et une cruelle illusion. Ainsi voulait elle devenir reine de Camelot? Hors donc vivre dans un château rendait fou. Assurément qu'elle s'en était doutée en voyant toutes ces personnes à la botte du roi. Mais elle n'avait pas pensé que cela pouvait être à ce point.

Aaran s'avança dans la lueur du feu. Les ombres des flammes sur son visage accentuait son apparence lupine, ne manquait plus qu'elle montre les crocs. Mais ce fut d'une voix lente pourvu d'un léger accent du nord que la picte prit la parole « Et vous pensez à juste titre que ce trône est le votre? De mon peuple ou de celui de Camelot, je me demande lequel est le plus barbare. » La princesse se redressa, le visage devenant plus sombre. L'allure animal était presque complète, ne manquait plus que bruit de gorge et grognement pour accompagner chaque phrases afin de ponctuer le dialogue. Elle poursuivit comme elle avait commencé : « Un enfant illégitime n'a aucune place sur le trône. C'est pour cela que l'on dit qu'il est illégitime. Même les miens respectes cette lois du sang. » Le silence retomba. Oui la lois du sang, une des plus anciennes du monde connu, mais bien souvent méprisé par ceux qui pensent avoir tous les droits. Après un léger grondement sourd, la voix s'éleva à nouveau : « Je ne sais pas qui vous a persuadé d'une aussi folle entreprise. Sans doute quelqu'un d'aveuglé par les sentiments, la vengeance... Et pour qu'elle ait une aussi forte emprise sur vous, il faut que cette personne vous soit proche. Quelle soit de votre famille et opposée à Uther. Sans doute que cette personne pratique aussi la magie. » Il n'y avait même aucun doute sur le faite qu'il devait s'agir de quelqu'un pratiquant également la magie. La pupille pouvait garder tous les secrets qu'elle voulait, mais rien ne pouvait échapper au regard acéré de la picte et à ses déductions implacables. Car il n'y avait que les êtres magiques qui pouvaient autant en vouloir à ce pauvre Uther. « Quant à savoir si nous pouvons faire de grandes choses ensemble. Oui sans nul doute. mais je ne serais en aucun cas un chien à votre botte, car vous et votre allié n’êtes et ne serez jamais ma meute. »

On ne pouvait pas faire plus clair. Enfin peut-être que si, mais Aaran avait du tact. Parce que savoir chasser était une chose, mais parler en était une autre. Les mots étaient une arme parfois plus douloureuse qu'une morsure. Et si la pupille semblait être devenue une grande conspiratrice, la picte n'en avait toujours pas moins été une parfaite pisteuse. Son champ d'action n'était pas le jour, mais la nuit lorsqu'il était impossible de reconnaitre un chien d'un loup à la lueur de la lune. Et si Morgane souhaitait son aide, ce ne serait jamais pour jouer le rôle du bouclier ou de l'épée. Car le rôle qui sciait le mieux à Aaran, c'était bel et bien celui du poignard qui frappe au moment ou on l'attend le moins. Que l'on ne voit ni venir ni repartir car celui que l'on cherche du regard ce n'est pas le poignard, mais celui qui l'avait dans la main.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Mar 17 Juil - 22:25

Morgane ne connaissait pas très bien le peuple picte, mais à voir la réaction assez violente de la princesse, cela ne devait pas être triste aux réunions familiales. Mais chez cette princesse, Morgane trouvait surtout qu’il y avait quelque chose de sauvage, difficile de dire quoi, mais il était certain d’une chose : Morgane préférait la rencontrer dans Camelot plutôt que seule dans les bois. La pupille du Roi était courageuse, mais il y avait des limites. Sur l’instant, elle trouvait presque un air enragé à cette femme ! c’est pour dire. Toujours est-il que cette princesse ne connaissait décidément rien à la légitimité du trône, et Morgane préféra ne pas retourner sur ce sujet épineux, car oui elle était « bâtarde », certes cela limitait les pouvoirs, mais si elle le souhaitait, et surtout grâce à la magie, elle pouvait vraiment espérer devenir Reine de Camelot ! Et elle le serait. Donc oui, inutile d’en reparler, la picte s’était suffisamment égosiller dessus.

Quant à l’heure alliance, la pupille du roi fut assez surprise de constater que cela ne posait aucun souci à son invitée. Finalement elle avait bien fait de se laisser aller à un tel débordement. Un sourire assez satisfait vint se loger sur ses lèvres. Elle pouvait donc compter sur une alliée de choix, et cela la rassurait fortement. Uther n’avait plus aucune chance de rester au pouvoir de ce royaume ! cette nouvelle la réjouissait vraiment, et puis surtout, elle prenait un peu d’autonomie par rapport à sa sœur puisqu’elle avait choisi elle-même cette alliance.


- Je peux vous assurer que vous ne serez jamais traité comme un chien. Je ne m'associe pas à des personnes pour qu'elles soient des carpettes devant moi. En tout cas, vous aurez ce que vous voulez tant que j’ai la couronne et le royaume, si cela peut vous rassurer.

Voilà qui avait le don d’être clair. Elle en demandait beaucoup, mais en même temps c’est ce qu’elle voulait, sinon inutile de faire des alliances par-ci par-là si c’est pour finalement devoir partager sa victoire. Non non, il fallait être claire tout de suite, ce que Morgane convoitait elle ne le laisserait à personne, mais tout le reste était bon à prendre pour les autres, et ils n’étaient pas si nombreux, alors Aaran pouvait avoir gain de cause. Notre demoiselle comprenait parfaitement la requête d’Aaran, elle était tout à fait légitime, et pour cela elle lui était accordée. Jamais Morgane n’avait rompu une seule promesse, c’était une personne de parole, et si elle disait que cette femme ne serait jamais sous-estimée, ou malmenée par elle, c’est que la picte pouvait être tranquille, elle ne serait pas traitée comme un chien, et dès lors leur association pouvait être conclue.

- Vous me semblez être très claire-voyante, que voyez-vous en moi ?

Ceci était nullement un test pour voir si Aaran avait un quelconque don pour la voyance, non en réalité il s’agissait plus de voir si elle se trompait, ou si leur court entretien lui avait permis de mieux cerner la princesse. Même si Morgane était une personnalité pour le moins complexe, un œil avisé pouvait lever bon nombres de voiles. C’était une très bonne actrice, mais une personne douée d’observation pouvait facilement déceler certains points cruciaux.

Elle se laissa observer en silence, jusqu’à ce qu’un employé de Camelot ne vienne interrompre cet entretien très privé. Morgane se leva d’un bond du banc, et alla rejoindre cette personne avec un sourire de politesse mais qui en disait long sur la gêne qui venait d’être occasionnée. Venir interrompre la conversation de la pupille du roi était passible d’une belle punition, alors qu’il s’estime heureux qu’elle ne soit pas plus virulente !


- Je sais que vous devez travailler, mais je n’en aurai plus pour longtemps avec notre invitée de marque, la princesse Aaran, alors trouvez-vous autre chose à faire pendant ce temps, je vous en remercie.

Sur ce, elle ferma la porte au nez du pauvre petit homme, qui ne savait plus trop quoi faire, et retourna s’assoir auprès de la picte. Leur temps de tranquillité était maintenant compté, les employés du château allaient tous débarquer tour à tour. Le premier n’avait pas été difficile à faire partir, mais les prochains ne seraient certainement pas une aussi simple affaire.

Elle plongea donc son regard azur dans celui de l’autre jeune femme et lui demanda si elle avait la réponse à sa petite question. En reportant son attention sur la picte, elle su immédiatement que leur association pouvait réellement mener à de grandes choses, elle ne savait pas tout de ce nouveau bras droit, même rien, mais une force invisible la poussait à avoir confiance en elle, et surtout à ne pas hésiter à lui confier des missions risquées.

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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Mer 25 Juil - 13:03




La phase d'observation était toujours en cours. Les canis lupus étaient bien connus par les autres peuples pour faire peur et terroriser les hommes chaque nuit d'hiver. Voilà ce que semblait symboliser les pictes, une meute de loups quittant le nord pour envahir les Royaumes du Sud. Aaran avait du voyager longuement pour arriver à Camelot afin de faire alliance avec le meilleur parti pour son peuple. Laissant sur sa route quelques cadavres. Elle n'avait jamais cessé d'observer les gens d'ici. Tous animé par des raisons suffisantes pour eux. Vengeance. Pouvoir. Famille. Patrie. Parfois même vivaient-ils dans leurs illusions. Et la Princesse ne pouvait s’empêcher de tous les trouver méprisable. Car dans le fond ils étaient tous faibles, facile à briser. Il suffisait de leur retirer ce qui leur était de plus cher pour en faire des jolis pantins de bois. La Princesse n'avait qu'un coup à porter pour voir cette fragile existence voler en éclat. Mais s'allier avec Dame Morgane... Pour le plus cruel des êtres c'était une bonne occasion de soumettre les fondements de Camelot à un tremblement de terre humain.

Aaran, immobile, restait de marbre. La lueur du feu venait lui éclairé un coté du visage. C'était un peu comme se retrouver face à un loup une nuit de pleine lune. Elle donnait l'impression d'attendre et que dans quelques secondes, d'autres membres de sa meute allaient sortir de l'ombre, babines retroussées pour laisser voir une superbe dentition de prédateur. Son interlocutrice semblait faire preuve d'une attirance folle pour leur alliance. Sans doute était-ce du à la rareté des Pictes dans ces contrées du Sud. Et comme pour s'assurer de la "clairvoyance" de la guerrière, Morgane lui demanda ce qu'elle avait décelé sur elle.
Soudain un serviteur entra dans les cuisines. La pupille s'occupa bien rapidement, congédiant l'incongru personne. La conversation arrivait donc à présent à son terme. Le temps avait fait son office, il ne fallait donc pas tarder à rejoindre nos chambres respectives. La pisteuse ne dormirait sans doute que quelques heures avant de ne plus pouvoir tourner en rond dans son lit. Mais avant cela, il fallait répondre à la demande de la Dame. Nul doute qu'après une aussi longue période d'observation depuis son arrivée, Aaran savait à qui elle avait à faire. C'est alors que dans un léger accent que la picte pris une dernière fois la parole : « Votre jeu face au monde laisse voir que vous n'étiez pas celle que vous êtes cette nuit. On vous a ouvert les yeux sur le monde, mais surtout sur vous, sur qui vous êtes réellement. Vous êtes comme Janus, le dieu aux deux visages. Mais un jour le plus beau des visages finira par tomber. » Il ne fallait pas être sot pour comprendre que la situation n'allait pas durer éternellement. Aaran n'était pas clairvoyante, mais logique; Tout acte avait des conséquences, il ne s'agissait que d'une question de temps. « Vous êtes née dans le conflit... Vous vivrez dans le conflit. »

La princesse Picte se redressa alors, laissant son visage aller dans la pénombre. il n'y avait rien d'autre à ajouter. Morgane jouait double jeu auprès de ceux qu'elle avait toujours connu juste pour une affaire de trône. La magie lui avait fait tourner la tête et la personne qui lui avait mis toutes ces idées dans son esprit avait rudement bien jouer son coup. Qui pouvait retourner Morgane contre les siens? Assurément quelqu'un du même sang qu'elle et qui plus est, faisait de la magie. Nous en revenions donc à ce point là. La déduction ne pouvait alors qu’être inévitable de la part de la louve et inéluctablement la même. Il fallait donc croire que tout château renfermait avec ses gens, son lot de secrets et de complots. Les Ancêtres d'Aaran avaient longtemps combattu les romains. Ce peuple autre fois si fort, où complot et assassinat régissait les pouvoirs politiques. Avec le temps, le monde n'avait pas changer. Il fallait toujours détruire l'obstacle qui nous séparait de notre objectif.
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MessageSujet: Re: « Une faim de Loup » [terminé]   Jeu 2 Aoû - 22:41

Morgane avait la réponse à sa question, une dernière en fait, elle le savait, la princesse finirait leur rencontre par cela. Il valait donc mieux qu’aucun autre serviteur ne vienne troubler cet entretien, trop bref d’ailleurs selon la pupille du roi, mais suffisent. Elle avait trouvé une nouvelle alliée dans sa lutter, même si cette dernière ne serait pas simple à gérer. Aaran semblait se placer sous aucune loi, et surtout aucune autorité, notre demoiselle devrait donc faire avec, mais elle connaissait les rumeurs sur le peuple picte, et avoir cette femme de son côté était un véritable atout qui pèserait lourd dans la balance le moment venu. Encore fallait-il faire un parcours sans faute jusque là… la partie était loin d’être gagnée, la princesse picte lui avait accordé une faveur, mais rien de plus, et cela restait très fragile. Elles sont toutes les deux très fortes, un caractère bien trempé pour des ambitions très développées, mais Aaran avait un atout non négligeable : l’expérience. Cela se voyait, elle était calme, et savait parfaitement de quoi elle parlait ; Morgane n’en était pas encore là, elle était animé d’un feu extrêmement vivace qu’elle avait même du mal à contenir parfois…. Oui, s’associer à Aaran était certainement la meilleure chose qu’elle pouvait faire, ne serait-ce que pour apprendre d’elle.

La réponse vint enfin, claire et nette. Morgane n’osa rien ajouter à cela, de toute façon, la picte semblait complètement détachée des conventions régnant sur la monarchie. Elle quitta donc notre demoiselle qui était plongée dans une grande perplexité. Tout ce que venait de lui dire la princesse était vrai, même trop vrai puisque cela troubla notre jeune femme qui se remit à douter de ce que lui avait dit Morgause. Même si elle espérait une réponse comme celle-ci, cela ne l’empêchait pas d’en rester très secouée. En fin de compte, Aaran était bel et bien un prédateur, et sa petite proie était toute livrée face à elle. Notre sorcière comprit à cet instant qu’elle jouait avec le feu en côtoyant cette femme. Mais peu importait, elle aimait le danger, la force et le pouvoir. Aaran avait tout cela, et cela lui plaisait beaucoup. Il fallait qu’elle prenne exemple sur cette prédatrice, qu’elle s’approprie ce qu’elle en observerait, et seulement alors elle pourrait dévoiler son véritable visage, celui qui serait le vrai visage, son nouveau, Morgane allait naître au grand jour comme elle aurait dû toujours l’être.

Dieu seul sait combien de temps elle resta à méditer seule auprès du feu après le départ de la princesse, mais le domestique qu’elle avait chassé revenait de nouveau vers son travail. Il eut un temps d’arrêt en apercevant la pupille du Roi, il marmonna quelques excuses et demanda si il pouvait enfin disposer de la cuisine. Morgane ne prit pas la peine de répondre, elle le toisa d’un regard froid et quitta les lieux.

En parcourant le chemin qui menait à ses appartements, elle passa devant ceux qu’occupaient sa nouvelle alliée. Inutile de dire qu’elle eut très envie de frapper pour pouvoir poursuivre une conversation qui lui avait fait réfléchir à beaucoup de point. Mais elle préféra renoncer, Morgane était persuadée qu’Aaran l’avait entendu s’arrêter devant sa porte, et cette idée lui imposa de nouveau l’image d’un prédateur et de sa proie. Alors elle accéléra le pas jusqu’à chez elle et s’enferma. Évidemment, elle ne trouva jamais le sommeil après cette rencontre, elle réfléchit beaucoup à tout ce qui s’était dit et insinué, c’est pourquoi Guenièvre en arrivant, trouva sa maîtresse encore plus pâle qu’à l’ordinaire et surtout en proie à une terrible migraine.



Hj terminé pour Morgane, merci beaucoup pour ce rp ! ^^
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